Méditons ensemble la Parole de Dieu N°29

Méditons ensemble la parole de Dieu N° 29

27e dimanche A

 

Référence Bbiblique

Is 5, 1-7

Ps  79 - 80

Ph 4, 6-9

Mt 21, 33-43

 

Première lecture (Is 5, 1-7)

Je veux chanter pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne. Mon ami avait une vigne sur un coteau fertile. Il en retourna la terre, en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. Au milieu, il bâtit une tour de garde et creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, mais elle en donna de mauvais. Et maintenant, habitants de Jérusalem, hommes de Juda, soyez donc juges entre moi et ma vigne ! Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ? J’attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ? Eh bien, je vais vous apprendre ce que je ferai de ma vigne : enlever sa clôture pour qu’elle soit dévorée par les animaux, ouvrir une brèche dans son mur pour qu’elle soit piétinée. J’en ferai une pente désolée ; elle ne sera ni taillée ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces ; j’interdirai aux nuages d’y faire tomber la pluie. La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël. Le plant qu’il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit, et voici le crime ; il en attendait la justice, et voici les cris. – Parole du Seigneur. 

 

Psaume (Ps  79 (80), 9-12, 13-14, 15-16a, 19-20)

La vigne que tu as prise à l’Égypte, tu la replantes en chassant des nations. Elle étendait ses sarments jusqu’à la mer, et ses rejets, jusqu’au Fleuve. Pourquoi as-tu percé sa clôture ? Tous les passants y grappillent en chemin ; le sanglier des forêts la ravage et les bêtes des champs la broutent. Dieu de l’univers, reviens ! Du haut des cieux, regarde et vois : visite cette vigne, protège-la, celle qu’a plantée ta main puissante. Jamais plus nous n’irons loin de toi : fais-nous vivre et invoquer ton nom ! Seigneur, Dieu de l’univers, fais-nous revenir ; que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés.  

 

Deuxième lecture (Ph 4, 6-9)

Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus. Enfin, mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le en compte. Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous. – Parole du Seigneur. 

 

Évangile (Mt 21, 33-43)

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : ‘Ils respecteront mon fils.’ Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : ‘Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !’ Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. » Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. » – Acclamons la Parole de Dieu. 

 

Commentaire du texte du P. Damien Stampers

Produire du fruit.

Les textes de ce jour ne sont pas trop difficiles à comprendre. Comme nous sommes des familiers de la Parole, et en particulier de l’AT, avec Isaïe et le Ps 78, nous savons bien que la vigne dont parle Jésus, c’est Israël et que le peuple qui va recevoir le Royaume de Dieu, c’est l’Eglise et la multitude de ceux qui ont suivi le Fils, c’est-à-dire Jésus Christ. Ces textes sont donc une annonce de la Passion et de l’ouverture à l’universel de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ.

On pourrait s’arrêter là et conclure notre propos.

Mais peut-être faut-il prendre le temps d’écouter ce que dit la finale de la parabole : « Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit. » Nous ne pouvons donc pas continuer à raisonner comme les vignerons homicides et nous dire qu’il suffit de recueillir l’héritage, sans rien faire et en nous croisant les bras : il faut recueillir l’héritage et produire du fruit, les deux sont liés. Car si la vigne du Seigneur est élargie au monde entier, les baptisés sont les nouveaux vignerons de cette vigne. La question se pose donc, est-ce que nous produisons du fruit ?

 I/ Recevoir l’héritage.

Certains se demandent encore pourquoi lire l’AT et lire la Parole de Dieu en dehors de l’évangile. Marcion, dans les premiers temps de l’Eglise, pensait que l’évangile de saint Luc suffisait. Beaucoup en seraient ravis ! Mais l’Eglise a répondu que justement nous avons à recevoir l’héritage de toute la Bible pour produire du fruit. L’histoire sainte racontée dans l’Ancien Testament est notre héritage et est devenue notre histoire. Cette histoire est devenue Evangile, c’est à dire Bonne Nouvelle, pour tous les chrétiens. L’histoire de l’Eglise ne commence pas avec le Christ, elle est inscrite dès la création dans le cœur de Dieu et racontée tout au long de l’histoire d’Israël. C’est pour cela que lors de la Vigile Pascale, sur les 9 lectures, 7 sont de l’Ancient Testament. C’est pour cela que la prière de l’Eglise, la liturgie des heures, reprend la prière de David et Salomon, c’est-à-dire les Psaumes. Jésus Christ n’est pas une rupture mais un accomplissement et nous sommes héritiers des erreurs et des merveilles qui sont racontées dans l’AT. Nous avons à apprendre des vignerons qui nous ont précédés, au moins pour ne pas reproduire leurs erreurs.

II/ Produire du fruit.

Nous avons à recevoir l’héritage mais nous avons aussi à produire du fruit et à remettre le fruit de la vigne au propriétaire. Ne nous y trompons pas, cet évangile est exigeant et est loin de nous libérer de toute obligation. Comme le dit Paul aux Philippiens : « Ce que vous avez appris et reçu, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous. » Etre vigneron, c’est mettre en pratique la Parole que nous avons reçu dans l’Ecriture et dans le pain eucharistique. La Foi est vivante et active, elle n’est jamais passive. Une foi qui ne produit pas de fruit est une foi morte. Une foi qui ne se nourrit pas de la lecture de la Bible et du pain eucharistique est une foi morte. Un baptême qui consiste à venir trois fois à l’église dans sa vie, est un baptême qui produit rarement de beaux fruits. L’évangile de ce jour est donc plus que l’annonce que nous venons d’hériter du royaume de Dieu. C’est un véritable engagement à être à la fois la nouvelle vigne du Seigneur et à en devenir des vignerons.

Cela ne doit pas faire peur. Quand nous lisons l’AT, nous voyons que Dieu a toujours accompagné son peuple et qu’il est toujours là présent malgré les péchés et les morts qui parsèment le chemin. Il nous demande seulement de l’accueillir dans nos vies, dans la personne du Christ pour pouvoir vivre de son amour. Le travail n’est pas trop exigeant : il faut aimer Dieu et son prochain et s’aimer soi-même.

Notre père ……………………….

Prions le Seigneur

Dans ton amour inépuisable, Dieu éternel et tout-puissant, tu combles ceux qui t'implorent, bien au-delà de leurs mérites et de leurs désirs ; répands sur nous ta miséricorde en délivrant notre conscience de ce qui l'inquiète et en donnant plus que nous n'osons demander.

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